M^b Agriculture
Canada
Research Direction générale
Branch de la recherche
Bulletin Technique 1 986-8F
La conduite de la plantation
des pommes de terre
en saison courte
Sur la couverture, les points sur la carte indiquent
les établissements de recherche d'Agriculture Canada.
CENT ANS DE PROGRÈS
En 1986, la Direction générale de la recherche d'Agriculture Canada célèbre ses cent ans d'exis-
tence.
C'est, en effet, le 2 juin 1886 que la loi appelée Acte des stations agronomiques reçut la sanction
royale. De son adoption découla la mise sur pied des cinq premières fermes expérimentales situées
à: Nappan, en Nouvelle-Ecosse; Ottawa, en Ontario; Brandon, au Manitoba; Indian Head, en Sas-
katchewan (alors englobée dans les Territoires du Nord-Ouest); et Agassiz, en Colombie-Britan-
nique. C'étaient là les débuts du réseau actuel de plus de quarante établissements de recherches
disséminés entre St-John, à Terre-Neuve, et Saanichton, en Colombie-Britannique.
Les premières stations agronomiques avaient été fondées pour desservir la communauté des agri-
culteurs et venir en aide au secteur agricole canadien encore débutant. De nos jours, la Direction
générale de la recherche poursuit la même tâche en travaillant aux découvertes technologiques
dont dépendent le développement et le maintien d'un secteur agro-alimentaire compétitif.
Les programmes de recherches s'intéressent surtout aux modes d'exploitation du sol, à la produc-
tion animale et végétale, à la protection des richesses naturelles et à leur gestion, aux
biotechnologies et enfin à la transformation et à la qualité des aliments.
La conduite de la plantation
des pommes de terres
en saison courte
R. RIOUX et J.E. COMEAU
Ferme expérimentale
La Pocatière (Québec)
Direction générale de la recherche
Agriculture Canada
1986
Production du Service aux programmes de recherche
© Ministre des Approvisionnements et Services Canada 1986
Nodecat.A54-8/1986-8F
ISBN 0-662-93792-9
- I -
AVANT-PROPOS
Ce document couvre plusieurs aspects de la conduite de la
plantation des pommes de terre, mais ne prétend pas être une revue
complète sur la régie.
Il concerne la préparation de la semence, le travail de la
plantation et les traitements immédiats de post-plantation.
Les auteurs remercient Hélène Massé pour la revision du tex-
te, Gisèle Nowlan et Daniel le Clément pour la dactyloqraphie ainsi
que J. St-Cyr pour les illustrations.
Enfin, ils adressent des remerciements particuliers à MM.
G. Boiteau, Jean-Louis Daiqle, Henri Généreux et J. Laqanière qui
ont tous pris le temps de lire la version oriqinale et de formuler
des critiques et suqqestions utiles.
- II -
TABLE DES MATIÈRES
PAGE
1 . INTRODUCTION
1.1 Facteurs climatiques 1
1.2 Facteurs agrologiques 1
2. ASPECTS PHYSIOLOGIQUES DE LA PRÉPARATION DU SEMIS
2.1 Choix de la semence 2
2.2 État des tubercules 2
2.3 Préréchauffement et prégermination 3
3. ASPECTS PHYSIQUES DES TECHNIQUES DE SEMIS 4
3.1 Hersaqe 4
3.2 Date de semis 5
4. ASPECTS MORPHOLOGIQUES DES TECHNIQUES DE PLANTATION
ET DE BUTTAGE 6
4.1 Profondeur de plantation et couverture
de la semence 6
4.2 Le semoir 6
4.3 Le buttaqe 7
4.4 Résultats 8
4.5 Répression des mauvaises herbes 9
5. CONCLUSION 10
6. BIBLIOGRAPHIE 11
- III -
LISTE DES TABLEAUX
PAGE
1. Influence de 2 systèmes de culture sur la nativité 13
du développement du feuillaqe
2. Effet des systèmes de culture sur le début de la 14
tubérisation (moyenne 3 ans)
3. Le rendement des systèmes à 70 jours après les 15
semis (x 3 ans)
3A Pourcentage du rendement final (à 120 jours) atteint 15
à 70 jours
4. Effet des svstèmes de culture sur le rendement des 16
tubercules en l'absence de mauvaises herbes a
La Pocatière
5. Effet des systèmes de culture sur le rendement des 17
pommes de terre à Frédéric ton (moyenne 2 ans)
6. Effet des systèmes de culture sur le rendement des 17
tubercules en présence de mauvaises herbes à
La Pocatière
7. Effet des systèmes de culture sur le poids spécifique 18
des tubercules en 1973
8. Effet des systèmes de culture sur l'efficacité des 18
herbicides incorporés avant le semis
- IV -
LISTE DES FIGURES
PAGE
1. Schéma des principales interventions du producteur 19
synchronisées a la croissance de la pomme de terre
2. Effet des dates de plantation sur le rendement des 20
tubercules sur le loam de l'Anse (moyenne 3 ans)
3. Effet de la profondeur du hersage sur l'uniformité 21
du semis
4. Effet de la largeur du sillon tracé par le soc.de 21
la planteuse sur la profondeur du semis
5. Effet de la profondeur du semis sur la profondeur 22
du développement des tubercules
6. Effet du temps du buttage sur la profondeur du 22
développement des tubercules
7. Effet des systèmes de culture sur les taux de 23
croissance des fanes.
- V -
SUMMARY
A knowledqe of the life history of the potato plant is basic
to successful production. Havinq this, we should be able to ad-
just cultural manipulation to the habits of the plant for maximum
yield of quality tubers. We can beqin to fit what we know to make
qood plantinq and hillinq practices.
There are 6 key éléments for successful technoloqy adapted to
short qrowinq season:
1. Seed Storaqe
After 10 to 14 days, températures should be reduced
between 2.2° and 3.3°. Relative humidity should be main-
tained at 95% and air circulation should be maintained.
2. Seed Préparation
Warm the seed before handlinq. Pre-sprout seed in tray
at 15° to 20 °C for 3 to 4 weeks .
Harrowinq
Harrowina should be liqht and at the same depth than the
seedinq. It is very important to prépare the seed bed
just before plantinq and at a time the soil is workable.
PI anter
The furrow should be wide enouqh so that the seed is at
the same depth at about 5 to 8 cm under the soil
surface. Ridqe should be niveled in.
5. Hillinq
Hillinq should be done at the flowerinq bud staqe. Ridqe
should be wide, low and open at the center.
Weed Control
Choose a product that is qoinq to qive an excellent
control between emerqence and hillinq.
- 1 -
1. INTRODUCTION
1.1 Facteurs climatiques
Le rendement des pommes de terre se forme en grande par-
tie dans les premières semaines de la saison de croissance.
Cependant, dans le Nord du Nouveau-Brunswick et l'Est du Qué-
bec, le froid et les qelées d'automne réduisent le cycle vé-
qétatif et il est difficile d'obtenir une bonne croissance
en fin de saison. Au printemps, la température du sol impose
aussi une limite au départ de la véqétation. De plus, les
défanaqes hâtifs au début de septembre limitent à environ 100
jours la période de croissance effective.
Ces facteurs ont une influence déterminante sur la pro-
duction véqétale. Il faut donc s'adapter aux conditions ad-
verses du climat et utiliser une technologie pouvant suppor-
ter la production de pommes de terre dans les zones de 95 à
100 jours de croissance.
1.2 Facteurs agrologiques
A la phase de l'établissement, période allant de la plan-
tation à la floraison, l'état de la semence, la profondeur de
plantation et le buttage peuvent limiter la hâtivité. La
formation des tubercules commence lorsqu'il y a excès de pro-
duits de la photosynthèse. Un développement rapide du feuil-
lage hâtera donc la tubérisation. D'autre part, le rendement
total en tubercules dépend du taux et de la durée de la tubé-
risation. Ces facteurs sont reliés à l'initiation hâtive des
tubercules et a la persistance du feuillage. Les facteurs
permettant une germination et une croissance rapides favori-
sent aussi une récolte hâtive et un rendement élevé. La ré-
gie des semis est donc de première importance lorsgue la sai-
son de croissance est courte. Les facteurs reliés au semis
(choix et traitement de la semence, hersage, plantation, but-
tage) devraient être régis de façon a répondre aux exigences
propres de la plante (figure 2).
Il faut améliorer les façons culturales traditionnelles
pour qu'elles répondent mieux aux besoins de la plante dans
les réqions à courtes saisons de croissance. L'un des fac-
teurs clés de succès est de synchroniser les opérations avec
les stades de développement de la plante. Une semence bien
préparée, un hersaqe, un semis et un buttaqe bien faits con-
tribuent à améliorer les conditions naturelles d'une réqion
donnée.
- 2 -
2. ASPECTS PHYSIOLOGIQUES DE LA PRÉPARATION DU SEMIS
2.1 Choix de la semence
L'emploi de bons tubercules de semence est le principal
moyen d'auqmenter le rendement et la qualité de la pomme de
terre. À cette fin, les semenceaux doivent être, le plus
possible, exempts de maladie, conformes au cultivar et en
bonne condition au temps de la plantation. Seules les semen-
ces soumises à l'inspection léqale offrent de bonnes qaran-
ties phytosanitaires. On s'assure ainsi d'une bonne popula-
tion en réduisant les pertes dues a la pourriture des semen-
ceaux et en auqmentant la vitesse d'établissement des
pi ants.
Les pommes de terre exiqent une saison de véqétation de
85 a 140 jours. Il est important de choisir un cultivar pos-
sédant une maturité adaptée a la réqion. Les cultivars sont
éprouvés localement. Les producteurs doivent donc consulter
la liste de ceux qui sont recommandés dans leur réqion. Le
marché auquel la production est destinée a aussi une influen-
ce déterminante sur le choix des cultivars. Il importe donc
au producteur de connaître ses débouchés et leurs exiqences.
Les cultivars ne peuvent répondre a leur potentiel a
moins d'être ensemencés en temps propice, a la profondeur
voulue et au taux de semis et de fertilisation recommandés.
Des facteurs tels que la précocité varient selon les circons-
tances, les réqions et les conditions écoloqiques. La réqie
proposée dans ce bulletin est un moven d'influencer la préco-
cité.
2.2 État des tubercules
L'état des tubercules de semence influence la qermina-
tion, la rapidité et le potentiel de croissance des qermes,
de même que le développement et la productivité des plants
qui en sont issus. La viabilité de la semence dépend des
conditions d'entreposaqe: l'humidité, la température et la
circulation de l'air doivent être bien contrôlées.
Des tubercules ratatinés sont un indice d'une semence
plus faible que celle provenant de tubercules fermes. Les
tubercules ratatinés sont déshydratés et peuvent avoir perdu
de 20 a 25% de leur poids. Pour empêcher cette perte de
poids, l'humidité relative doit être maintenue a 95%.
- 3 -
Le contrôle de la température est aussi un facteur essentiel
pour empêcher la germination. En vue de ralentir l'incuba-
tion des plants et préserver leur valeur qerminative, il est
indispensable de les entreposer, après la cicatrisation de
leurs blessures, à des températures de + 2° a 4°C pendant
toute la durée de l'entreposage. Les endroits chauds dans
les tas de pommes de terre sont aussi à craindre; la circula-
tion de l'air doit donc être uniforme.
2.3 Préréchauffement et prégermination
Afin d'éviter d'endommager les tubercules, ils sont ré-
chauffés a 10°C avant d'être classés. Ce réchauffement sti-
mule une germination indésirable lorsqu'une longue période de
temps s'écoule entre le classement et la plantation. Il fau-
drait alors faire cette opération assez tardivement et de
plus la faire dans une pièce différence de l'entrepôt. Par
contre, un préréchauffement fait quatre semaines avant la
plantation, assure une émergence plus rapide et plus unifor-
me. Cette technique consiste a amener graduellement les tu-
bercules a une température de 10° à 15 °C.
Une autre méthode permettant d'améliorer la précocité est
la prégermination. Cette technique a pour but de permettre
aux bourqeons de croître et de donner naissance à des qermes
avant la plantation. Elle permet de hâter la croissance et
par le fait même la tubérisation. Les lots prégermés attei-
gnent leur rendement maximum entre 90 et 100 jours de végéta-
tion.
Pour les pommes de terre de primeur, la prégermination
doit commencer tôt et de préférence avant la perte de la do-
minance apicale. Dans le cas des pommes de terre de semence
et de conservation, la prégermination doit durer entre 4 et 6
semaines. Au sortir de l'entrepôt, les semences sont dispo-
sées en une mince couche dans un lieu bien éclairé et bien
aéré t mais a l'abri du vent et du soleil. Il est nécessaire
d'éclairer artificiellement le germoir afin d'éviter une trop
forte élongation des germes (2 cm maximum) et les maintenir a
une température de 10° à 15°. Si l 'élongation des germes
était trop rapide, ou s'il fallait retarder la plantation, la
température devrait être abaissée.
Cette technigue exiqe certaines installations. On peut
obtenir une prégermination minimale des plants en sortant les
caisses ou les sacs de l'entrepôt trente jours environ avant
la mise en terre et en les plaçant à une température ambiante
de 10° à 15°C. Si l'élongation des germes était trop rapide,
ou s'il fallait retarder la plantation, la température de-
vrait être abaissée.
- 4 -
Cette technique est efficace si le tubercule est
d'excellente qualité et s'il a été conservé entre 2.3°C
et 3.3°C dans un entrepôt bien ventilé et à une humidité
relative élevée. Cette méthode doit être évitée si le
tubercule a déjà qermé et s'il a été conservé dans de
mauvaises conditions.
3. ASPECTS PHYSIQUES DES TECHNIQUES DE SEMIS
3.1 Hersage
Les développements rapides des connaissances et de
la technoloqie ont produit de l'équipement de ferme de
plus en plus lourd et efficace. Malheureusement, la ma-
chinerie est parfois utilisée de la même façon aujourd'-
hui qu'il y a trente ou quarante ans. Chaque printemps,
des milliers de dollars sont qaspillés, parce que la
couche de semis est trop travaillée avec des herses. Un
seul hersaqe est suffisant pour ameublir la surface du
sol, enterrer les cailloux et les détritus, enlever une
partie de l'excès d'eau et favoriser l'aération du sol.
Aujourd'hui, avec un équipement moderne, on tient
encore à bêcher le sol à trois ou quatre reprises, comme
si on utilisait un cheval. Il faut se rappeler qu'un
tracteur de 50 KW tirant une herse de 4m et roulant à
une vitesse de 8 à 12 km à l'heure fait de 4 à 8 fois le
travail d'une herse tirée par des chevaux.
La température du sol est un facteur vital. Le tra-
vail du sol a un effet considérable sur sa température.
Un sol qui a été hersé est plus chaud en surface ou près
de la surface pendant le jour par contre, la nuit il est
plus froid qu'un sol non travaillé. Ce refroidissement
est dû à l 'évaporât ion de l'eau. L'eau aqit comme un
réservoir de chaleur tempérant les fluctuations normale-
ment rencontrées en conditions sèches.
Sur un terrain labouré, il n'est ni nécessaire, ni
utile de herser le sol à une profondeur de 12 à 15 cm,
parce que cela crée un effet de paillis en surface
(fiq. 5). En conséquence, le sol prend plus de temps à
se réchauffer, en particulier autour des semences. De
plus, le fait de herser à cette profondeur auqmentera à
la fois le coût en essence et l'usure aux pointes de la
herse. Par contre, un hersaqe à 8 cm de profondeur
(fiq. 5) favorise un meilleur nivellement du sol tout en
permettant au tracteur d'aller plus vite. La durée de
- 5 -
l'équipement est allonqée et le sol se réchauffe plus
vite. Ce hersaqe facilite le contrôle de la profondeur
du semis. Ce contrôle de profondeur, lors de la planta-
tion est pratiquement impossible si le sol est trop
ameubli. Un sol hersé profondément donne un profil iné-
qal . Il en résulte un semis non uniforme car le semoir
a tendance à suivre le profil imposé par la herse.
L'équipement lourd est un facteur affectant la
structure du sol. La répétition des opérations à basse
vitesse auqmente les coûts et la compaction du sol. La
charqe est aussi un facteur important. Cependant, le
taux d'humidité du sol au moment du travail est proba-
blement le facteur le plus important pour en éviter la
compaction. Pour ne pas perdre l'avantaqe de la texture
et du réchauffement du sol créés le ,iour par la herse,
il faut herser seulement la superficie qu'on aura
à planter au cours des deux prochains jours.
3.2 Date de semis
Les pommes de terre exiqent une saison de véqétation
de 85 a 140 jours selon les cultivars. Sous nos condi-
tions, toute la saison de véqétation est requise si on
veut une pleine maturation des tubercules et un rende-
ment maximum. Cependant le début de la saison de véqé-
tation est fonction de la température du sol. Ce
facteur est important pour obtenir une levée rapide et
éviter une détérioration des jeunes plants par les mala-
dies (pourriture molle bactérienne, rhizotonie, jambe
noire, etc.). La date de semis dépend donc surtout
des conditions climatiques.
Les semis hâtifs rendent plus que les semis tardifs
(fiq. 2). Il est inutile de semer tardivement et d'es-
pérer rattraper le temps perdu a la fin de la saison.
La croissance est plus élevée avec les semis tardifs
mais cet effet est limité par le qel et les basses
températures. En pratique, sous nos conditions, la
croissance des tubercules cesse au 15 septembre. Il est
donc difficile d'allonqer la saison de véqétation en ré-
coltant plus tard.
- 6 -
4. ASPECTS MORPHOLOGIQUES DES TECHNIQUES DE PLANTATION
ET DE BUTTAGE
4.1 Profondeur de plantation et couverture de la semence
La pomme de terre tend à fixer ses tubercules à en-
viron 10 cm sous la surface du sol. Ce facteur varie en
fonction de la profondeur du semis. Semés près de la
surface, les tubercules se fixeront léqèrement plus bas
que le planton (fig. 5). Le nombre de stolons diminuera
et les risques de verdissement augmenteront. Par con-
tre, si le semis est profond, les tubercules se fixeront
légèrement plus haut que le planton (fiq. 5). La levée
sera retardée, la rhizoctonie augmentera et le rendement
sera moins élevé. L'arrachage sera aussi plus difficile
et les chances de couper ou de blesser les tubercules
placés en profondeur augmenteront.
La profondeur de plantation fait référence au niveau
original de la surface du sol. La quantité de terre
placée au-dessus de la semence doit aussi être consi-
dérée. L ' augmentation de la couverture du sol retarde
la levée à un taux d'une journée par deux (2) cm lorsque
l'humidité est suffisante. La levée est aussi retardée
d'une journée par 0.5°C. Il faut donc tenir compte de
l'humidité et de la température du sol pour réqler
l'épaisseur de la couverture de sol au-dessus de la se-
mence. Sous des conditions humides et fraîches, lorsque
la température est le facteur limite, une couverture
moins importante donne une levée plus rapide. Un retard
de la levée entrainera un retard dans la croissance au
cours de toute la saison et par conséquent une réduction
de rendement.
La levée se fait donc plus rapidement lorsque la se-
mence est plantée peu profondément ou lorsqu'elle est
lantée profondément avec une mince couverture de sol.
cause du buttaqe et de la tendance des tubercules a se
fixer de 8 a 20 cm au-dessous du sol, il est préférable
de planter à cette profondeur en couvrant la semence de
5 cm de sol au maximum.
4.2 Le Semoir
La plupart des semoirs sont munis de deux disques
frontaux qui ouvrent le sol, d'un soc qui forme le sil-
lon où est déposé la semence et de deux disques à l'ar-
rière qui remplissent le sillon. Le sillon tracé par le
soc doit être assez large pour recevoir les plus gros
tubercules afin d'obtenir une profondeur de semis uni-
forme (fig. 4). Cette uniformité de profondeur évite
- 7 -
d'enterrer trop profondément les petits tubercules et
favorise une levée uniforme des plants. La quantité de
sol sur les tubercules est contrôlée par les disques ar-
rière du planteur.
La plantation doit se faire de 5 à 8 cm sous la sur-
face du sol et la couverture des tubercules doit être
assurée par une mince couche de terre (5 cm au plus).
Il faut donc faire pénétrer dans le sol les disques
avant du planteur à la moitié de leur hauteur. Les dis-
ques arrière rejettent en qénéral trop de terre sur le
Dlanton. Afin de corriqer cet inconvénient, une pièce
de bois ou de métal est fixée derrière les disques. Ce
racloir enlèvera la quantité appropriée de terre sur les
ranqs de façon à ne laisser que 5 cm de terre sur les
tubercules.
Les avantaqes du semis profond et peu couvert sont
les suivants: 1) les plants lèvent plus rapidement et
ils sont trapus et robustes; ?.) la tubérisation est
plus rapide; 3) le verdissement est réduit; 4) la lut-
te préventive contre la jambe noire et la rhizoctonie
est favorisée.
4.3 Le buttaqe
Durant les huit premières semaines après la planta-
tion, le système radiculaire de la pomme de terre peut
s'étendre jusqu'à 100 cm de la plante. Celle-ci se
nourrit surtout a la surface du sol a l'intérieur d'un
rayon de 80 cm. A la douzième semaine, les racines pui-
sent leur nourriture dans un rayon de 38 cm et elles se
retrouvent plus en profondeur. Ces données indiquent au
producteur le moment ou il est possible de travailler le
sol au profit de la plante.
Il est connu depuis lonqtemps qu'un semis à plat
i .e. sans billon, est susceptible de hâter l'émerqence
et de produire des rendements plus élevés que les semis
sur billons. On n'était pas parvenu à concilier cette
connaissance avec une exigence de la culture: celle de
la nécessité du buttaqe. Il est nécessaire, mais il ne
faut pas absolument le faire tôt dans la saison. En
considérant la croissance des pommes de terre, deux phé-
nomènes attirent l'attention: 1) le buttaqe avant la
tubérisation favorise la résorption des stolons et al-
lonqe la croissance véqétative de la plante; 2) les ra-
cines se retrouvent en profondeur en forte proportion
après le stade 20-25 cm de hauteur. Un buttaqe hâtif
peut donc endommager les racines.
- 8
Si l'épaisseur de la couche de sol chanqe avant la
tubérisation, les stolons se résorberont et recommence-
ront leur développement plus haut (fiq. 6). Les avanta-
ges de la levée rapide sont alors perdus. L'entre-noeud
de la tiqe principale ne se fixant qu'au début de la
floraison, c'est à ce stade qu'on doit butter (fiq. 6).
Le buttaqe s'effectue donc au moment où les tubercules
sont gros comme l'onqle du pouce. Cette opération est
nécessaire pour protéqer les tubercules contre le ver-
dissement, le mildiou et la qelée. Le buttaqe a la flo-
raison est la seule façon de concilier les avantaqes du
semis à plat et la nécessité de l'opération.
4.4 Résultats
À la Ferme expérimentale La Pocatière, les princi-
pes précédents ont été intéqrés dans un système de
réqie. Ce système a été comparé pendant quatre ans avec
celui traditionnellement utilisé au Québec. Le système
traditionnel est fait sur billon. À l'émeraence, on
butte et on applique les herbicides. Par contre, le
système intéqré comprend un semis à plat et un buttaqe
au début de la floraison. Les herbicides sont appliqués
avant la levée des mauvaises herbes et des pommes de
terre. La semence a été préqermée dans les deux cas.
En 1970, on a cultivé simultanément 3 sites: un
loam de l'Anse, un loam St-André et un loam St-Pacôme.
Les cultures ont été répétées sur les 2 derniers sols en
1971. De plus, de 1971 a 1973, les 2 systèmes ont été
comparés avec les cultivars Norland et Kennebec sur un
loam de l'Anse et un loam St-Pacôme. Les cultivars
Keswick et Netted Gem ont aussi été plantés en 1962 et
1963 sur un loam sableux Riverbank à la station de
recherches de Fredericton.
La levée (tableau 1) et le développement des fanes
(fiqure 6) ont été plus rapides avec le système intéqré
qu'avec le système traditionnel. À Fredericton, la dif-
férence dans la levée a été de 4 à 6 jours en faveur du
système intéqré. Jusqu'à 45 jours après le semis, le
taux de croissance a été plus élevé avec le système in-
tégré; le système traditionnel a eu son taux maximum de
croissance plus tardivement que le système intéqré. Au
début de la floraison, le poids des fanes était encore
plus élevé avec le système intéqré qu'avec le système
traditionnel .
- 9 -
La tubérisation a été plus hâtive avec le système
intéqré qu'avec le système traditionnel (tableau 2). En
qénéral , 70 jours après le semis, le rendement était
plus élevé avec le svstèmes intéqré (tableau 3). La
proportion du rendement final atteint à 70 jours (ta-
bleau 3A) montre que la plus qrande partie du rendement
se fait plus tôt avec le système intéqré (fiq. 7). La
différence est plus marquée avec les cultivars tardifs.
Le rendement a été plus élevé avec le système inté-
qré qu'avec le système traditionnel dans 72% des cas a
La Pocatière (tableau 4). En moyenne, l 'auqmentation
des rendements a été de 5.6 pourcent. À Frédéricton,
l'avantaqe a été plus marqué avec le cultivar tardif
Netted Gem qu'avec le cultivar hâtif Keswick (tableau
5). Le poids spécifique a aussi été en qénéral plus
élevé avec le système intéqré (tableau 7).
4.5 Répression des mauvaises herbes
Le travail du sol avant le stade 15 à 18 cm de hau-
teur ne réduit pas le rendement des pommes de terre s'il
est fait en surface. Seul le travail profond brise les
racines et réduit de beaucoup les rendements. Le binaqe
se justifie uniquement pour la répression des mauvaises
herbes et n'est plus nécessaire avec l'utilisation des
herbicides. Il n'est donc pas nécessaire de perturber
le sol et les plants avant le buttaqe. Si le sol est
biné, il faut éviter de placer de la terre sur les ranqs
durant cette opération. En cas contraire, les avantaqes
du semis à plat seraient perdus.
ieb premières bernai neb apreb i a levée. ueiue periuue
coïncide avec la plus qrande sensibilité de la pomme de
terre aux mauvaises herbes. De plus, l'absence de bil-
lon permet une meilleure uniformité de l'application des
herbicides sur le sol. La distance entre la rampe d'ar-
rosaqe et le sol est toujours la même avec un semis à
plat.
- 10 -
Le système intégré a donné des rendements plus fai-
bles que le système traditionnel lorsque les mauvaises
herbes n'étaient pas réprimées avec des herbicides (ta-
bleau 6). La répression des mauvaises herbes a été sem-
blable lorsque les herbicides ont été employés en préle-
vée ou à la levée des pommes de terre. Cependant avec
les herbicides incorporés avant le semis, la répression
a été meilleure avec le système intéqré (tableau 8).
5. CONCLUSION
Une connaissance des habitudes de croissance et des exi-
gences de la pomme de terre est à la base d'une production
réussie. Les opérations culturales doivent être ajustées au
mode de croissance et aux exiqences afin d'obtenir un rende-
ment et une qualité optima. Nous avons commencé ici a ajus-
ter les exigences connues afin d'établir des techniques de
plantation et de buttaqe. La régie proposée ne concerne pas
l'entretien, la protection ni la récolte.
Après le système intégré, les pommes de terre lèvent,
croissent et tubérisent beaucoup plus rapidement qu'avec le
système traditionnel. Par contre, leur capacité de produc-
tion tardive est léqèrement moindre et à partir de 100 à 110
jours de véqétation, ils atteiqnent leur rendement maximum.
Si la période de véqétation est suffisamment lonque, les lots
semés sur billon peuvent rattraper leur retard initial et
donner des rendements plus élevés. Si la période de véqéta-
tion est courte, la récolte est meilleure avec le système in-
téqré.
Le système intéqré donne des rendements moins élevés
lorsque le drainaqe est mauvais mais il est plus avantaqeux
en sol froid. En présence des mauvaises herbes, le système
intéqré donne des rendements inférieurs au système tradition-
nel. Cependant, les herbicides incorporés au sol avant le
semis sont plus efficaces avec le système intéqré.
- 11 -
6. BIBLIOGRAPHIE
1. Bradley, G. A. and Pratt, A. G. 1955. The effect of dif-
férent combinations of soil moisture and nitrogen levels
on early plant development and tuber set of the potato.
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2. Clark, CF. 1921. Development of tubers in the potato.
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14. Zavitz, C.A. 1916. Potatoes, Ont. Dept. Agric. Bull.
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- 13 -
Tableau 1. Influence de 2 systèmes de culture sur la
nativité du développement du feuillage
de culture
Type de sol
Système
Loam St -André Loam St-Pacôme
Date 09-06-71 % levée
Système
Système
intéqré
traditionnel
58,5 18,7
10,0 3,7
Date 09-07-70 % Floraison
Système
Système
intéqré
traditionnel
19,9 79,9
5,5 0,7
intéqré
traditionnel
Date
09-
-07-70 Poids des fanes (q/butte)
Système
Système
30,7 42,8
22,9 22,7
intéqré
traditionnel
Date
15-
-07-71 Poids des fanes (q/butte)
Système
Système
30,2 32,5
29,1 26,0
- 14 -
Tableau 2. Effet des systèmes de culture sur le début de la
tubérisation (moyenne de 3 ans)
Tubercu"
Système Loam de l 'Anse
de culture (36 jrs après le semis)
le (q/butte)
Loam St-Pacôme
(46 jrs après le semis)
Cv Kennebec
Système intéqré 1,3
Système traditionnel 0,1
32,5
21,1
Cv Norland
Système intéqré 4,7
Système traditionnel 0,1
109,2
36,6
- 15 -
Tableau 3. Le rendement des systèmes à 70 jours après les
semis (x 3 ans)
Système intégré
Système traditionnel
Rendement (q/butte)
Système de
Cv Kennebec Cv Norland
culture
70 jours
Loam St-Pacôme
251,2
256,6
420,3
391,4
Loam de l 'Anse
Système intéqré
Système traditionnel
226,9
179,8
380,7
280,6
Tableau 3A Pourcentage du rendement final (à 120 jours)
atteint à 70 jours
Système de
culture
Cv Kennebec Cv Norland
Loam St-Pacôme
Système intéqré
Système traditionnel
251,2
256,6
420,3
391,4
Loam de l 'Anse
Système intéqré
Système traditionnel
45,5
37,3
97,6
69,8
- 16 -
Tableau 4. Effet des systèmes de cultures sur le rendement
des tubercules en l'absence de mauvaises herbes à
La Pocatière
Type de sol , année,
cv.
Rendement en tubercules (kq/m^)
Système intégré Système traditionnel
Green Mountain
Loam St-Pacôme, 1970
Loam de 1 'Anse, 1970
Kennebec
Loam St-Pacôme, 1971
Loam St-Pacôme, 1972
Loam St-Pacôme, 1973
Kennebec
Loam de l'Anse, 1971
Loam de 1 'Anse, 1972
Loam de l'Anse, 1973
Norl and
Loam St-Pacôme, 1971
Loam St-Pacôme, 1972
Loam St-Pacôme, 1973
Norland
Loam de 1 'Anse, 1971
Loam de 1 'Anse, 1972
Loam de 1 'Anse, 1973
Moyenne
Augmentation
2,59
2,26
2,48
3,86
1,91
3,54
2,71
1,72
1,54
3,23
1,67
2,58
2,67
1,44
2,44
5.6*o
2,
29
1,
73
2,
40
3,
99
1,
76
3,
42
3,
07
1,
37
1,
50
3,
08
1,
43
2,
99
2,
35
0,
99
2,31
- 17 -
Tableau 5. Effet des systèmes de culture sur le rendement
des pommes de terre à Frédéricton (moyenne de 2
ans)
Rendement (t/ha)
C u 1 1 i v ar
Système intéqré Système traditionnel
Russet Burbank
Keswick
12,8 9,1
23,8 20,1
Tableau 6. Effet des systèmes de cultures sur le rendement
des tubercules en présence de mauvaises herbes a
La Pocatière
Rendement en tubercules (kq/m^)
Système intéqré Système traditionnel
Type de sol , année,
cv
Green Mountain
Loam St -André, 1970
Loam St-Pacôme, 1971
Loam St -André, 1971
Kennebec
Loam St-Pacôme, 1971
Loam St-Pacôme, 1972
Loam St-Pacôme, 1973
Kennebec
Loam de 1 'Anse, 1971
Loam de 1 'Anse, 1972
Loam de l'Anse, 1973
Norland
Loam St-Pacôme, 1971
Loam St-Pacôme, 1972
Loam St-Pacôme, 1973
Norl and
Loam de 1 'Anse, 1971
Loam de 1 'Anse, 1972
Loam de l'Anse, 1973
Moyenne
Baisse de
1,
30
. 1,
91
3,
,56
5,
90
2,
10
3,
06
0,
23
2,
19
3,
,62
3,
98
1,
76
2,
,11
3,
73
3,
24
2,
,81
3,
.12
1,
60
1,
21
0,
08
1,
45
2,
,24
2,
76
1,
41
1,
49
2,
66
2,
94
2,
,07
2,
71
1,
,16
1,
,10
2,
,02
2,
,61
22.
6%
- 18
Tableau 7. Effet des systèmes de culture sur le poids
spécifique des tubercules en 1973
Loam St-Pacome Loam de l 'Anse
Systèmes de culture Kennebec Norland Kennebec Norland
Système intégré 1,076 1,063 1,067 1,067
Système traditionnel 1,074 1,066 1,063 1,062
Tableau 8. Effet des systèmes de culture sur l'efficacité
des herbicides incorporés avant le semis
Couverture du
pied-de-coq
(%)
Système
intéqré
Système trad
itionnel
Herbicide (kq/ha)
10 juillet
18 août
10 juillet
18 août
Metolachlor
0.0
19.6
46.6
12.6
20.0
Metol achlor
2.0
0.3
0.3
16.3
23.3
Metolachlor
3.0
0.6
2.3
1.6
8.6
Eptc
4.0
0.0
0.0
1.3
3.3
- 19 -
c
_o
0>
"D
en
• —
O
a
a)
O)
a>
o
O)
c
o
o
_c
«■»-
u
a>
O
"D
k.
semence
1 1
t 3 U
tubérisation maturation
/ des feuilles
temps
croissance
des feuilles
croissance
des tubercules
1. Schéma des principales interventions du producteur
synchronisées à la croissance de la pomme de terre
20 -
54 n
D
U
i_
0)
_û
D
"D
C
E
(D
■D
C
dates de semis
28 mai
**** 7 juin
■■■■■■■■ 17 juin
x 90 jours après le semis
16 26 5 15 25 5 15 25
août septembre octobre
2. Effet des dates de plantation sur le rendement des
tubercules sur le loam de l'Anse (moyenne 3 ans)
- 21 -
Semence placée à une profondeur
non uniforme dans un sol sec.
15cm
sol sec
Semis non uniforme résultant
d'un hersage profond.
.sol
humide
Semence placée à une profondeur
uniforme sur une couche de sol
humide.
•i S 1 l 1 1
Semis uniforme résultant d'un
hersage peu profond.
8cm
3. Effet de la profondeur du hersage sur l'uniformité
du semis
Gros tubercule retenu dans
le sillon.
Gros tubercule non retenu
dans le sillon
Semis non uniforme résultant
d'un sillon trop étroit.
sol sec
sol
humide
8cm
Semis uniforme résultant d'un
sillon large.
4. Effet de la largeur du sillon tracé par le soc de
la planteuse sur la profondeur du semis
- 22 -
Les tubercules se sont développés à la même profondeur.
<^^J|
8cm
i. _
15 cm
semis a o cm
semis a 15cm
5. Effet de la profondeur du semis sur la profondeur
du développement des tubercules
La position des tubercules
est fixée avant le buttage
(tubercules protégées)
La position des tubercules
est fixée après le buttage
(tubercules mal protégées)
buttage à la floraison
buttage 6 la levée
6. Effet du temps du buttaqe sur la profondeur du
développement des tubercules
23 -
.5-
O)
_o
.3-
*5
0)
M-
.1 ■
D »-
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u
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0)
.3-
3
O
+-
.1 -
système intégré
*m système traditionnel
i
70
jours après le semis
7. Effet des systèmes de culture sur les taux de
croissance des fanes.
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